Pages

lundi 1 août 2016

JMJ 2016: les mots du Pape, l'accueil des Polonais

Cracovie. Dimanche, début d’après-midi, se clôturaient les 31e Journées Mondiales de la Jeunesse. Près de 2 000 000 de pèlerins ont quittaient le campus de la miséricorde sous un ciel qui s’apprêtait à pleurer leur départ. En tête, ils garderont les chants entonnés par des centaines de milliers de jeunes venus du monde entier, les exhortations à agir du Pape  et le goût des pierogis.

Lorsqu’on demande aux pèlerins ce qu’ils préfèrent dans les JMJ, la réponse est unanime : la rencontre avec d’autres jeunes du monde entier, l’hospitalité des Polonais et bien sûr le message du Pape ! Claire Jonard, coordinatrice pour la délégation belge, ne dit rien d’autre lorsqu’elle dresse un bilan à chaud, le dimanche après-midi, en quittant le Campus de la Miséricorde : « Les jeunes retiendront certainement la profondeur et la qualité de l’accueil des Polonais. Ils ont été également touchés par leur ferveur. Pour les jeunes cela a été un temps très fort d’intensification, voire de découverte, de leur foi. Enfin ils sont fort touchés par les paroles du Pape qui les a encouragé à chausser leurs crampons et à se mettre en marche pour le monde de demain». Un conseil visiblement suivi au pied de la lettre par les pèlerins qui, durant les JMJ, auront marché « en moyenne entre 16 000 et 20 000 pas par jour », me dit un français les yeux sur son application mobile.

« Nous ne sommes pas venu au monde pour végéter » c’est une des formules utilisées par le Pape pour inviter les jeunes à « se bouger ». Le message a parfois surpris les pèlerins, dont cette française qui se disait marquée par les paroles du Pape qui voyait en certains jeunes des « petits retraités de 20 ans ». Joignant la forme au fond, le Pape s’est appliqué à donner un rôle actif aux pèlerins en leur posant directement des questions pendant les messes.  En exhortant ses fidèles à changer « leur divan contre des chaussures » le Pape François bouscule ses fidèles. Plus tôt dans le semaine, il n’avait pas non plus cherché à épargner les dirigeants polonais en plaidant pour l’accueil des réfugiés Syriens auquel ceux-ci s’opposent. C’est avant tout un message de paix que le pape semble chercher en rappelant que la « réponse à ce monde en guerre, à un nom, elle s’appelle fraternité » et que l’Eglise ne veut pas « vaincre la haine par davantage de haine ».
Il est vrai que l’ombre du terrorisme a plané sur des JMJ organisés sous haute surveillance. Selon une responsable d’une délégation française, certains jeunes auraient renoncé aux JMJ suite aux tragiques événements de Nice. Fort heureusement les JMJ ont échappé à Daech. Le terrorisme s’est toutefois imposé à l’agenda, d’abord lors de la messe d’ouverture par un hommage au Père Hamel assassiné à Rouen quelques heures plus tôt, ensuite dans les discussions lors des catéchèses quotidiennes auxquelles assistaient les pèlerins.

« Different people, one God », c’est ainsi qu’une volontaire péruvienne résume l’essence des JMJ. 181 pays selon les organisateurs sont présents à Cracovie. Aux côté des 80 000 Polonais, 35  000 Français et 1 500 Belges, on retrouve des délégations sud-américaines dont des Argentins enthousiastes à l’idée de voir « leur Pape » et des Brésiliens qui attendent avec impatience « leurs Jeux-Olympiques », des Américains, des Australiens, des Chinois, des Malaisiens ou encore des Vietnamiens. Quelques délégations africaines sont présentes mais en moindre nombre, pour des raisons de coûts souvent, mais aussi de difficulté d’obtention de visa. Le temps des JMJ, Cracovie est devenue un concentré du monde catholique où les sourires et les salutations s’échangeaient dans toutes les langues et où les dzien dobry (bonjour en polonais) se coloraient des accents les plus exotiques.

« Un invité dans la maison, c’est Dieu dans la maison » dit un proverbe polonais.  Durant les JMJ, et  la semaine avant dite « en diocèse » qui s'est déroulée un peu partout en Pologne, de nombreux pèlerins ont logé chez l’habitant. Tous vantent l’accueil de leurs hôtes.  « On a super bien mangé », dit une Française, « On a fait du kayak » raconte une Belge, « ça a coulé à flot, le dernier soir » confie un autre Belge sans préciser s’il fait référence à la Vodka ou aux larmes d’émotion lors du départ. Seule ombre au tableau pour certains : le temps de trajet pour rentrer chez leur « habitant ». Des pèlerins logés à Kalwaria petite commune en théorie à un peu plus d’une heure en train, racontent qu'il leur faut trois à cinq heures de trajets. C’était en effet un des plus gros défis des organisateurs des JMJ : loger et faire se déplacer près de deux millions de personnes dans une ville qui en compte habituellement huit cent mille. 

Des centaines de milliers de pèlerins rentrent donc chez eux, chaussures aux pieds et sac bleu, jaune ou rouge à l’effigie des JMJ sur le dos. S’aidant du lexique téléchargé sur l’appli Pilgrim, ils disent « do zobaczenia » à cette Pologne qui a déployé pour eux toute son hospitalité. 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Les commentaires vous permettent d'exprimer votre point de vue ou des remarques sur l'actualité traitée dans l'article. Pour toute autre motivation contacter l'auteur via les coordonnées renseignées sur le site. Insultes, diffamation, incitation à la haine ou à la violence, et propos "hors la loi" ne sont évidemment pas les bienvenus.