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mardi 24 novembre 2015

Gouvernement Polonais : une première semaine qui donne le ton !

La semaine passée, le tout nouveau gouvernement polonais issu des élections du 25 octobre a pris ses fonctions. Discours au parlement, déclarations de certains ministres ainsi que premiers votes à la Diète marquent une volonté de tenir ses promesses de campagnes et de rompre avec les prédécesseurs sur des dossiers tels que les relations avec l’Europe et la zone Euro, la nomination de magistrats ou encore l’accueil de réfugiés.

Prestation de serment et désignations.

Lundi, le nouveau gouvernement prestait serment dans les mains du président Andjej Duda. Il compte 24 membres, 18 hommes et 6 femmes dont la cheffe du gouvernement: Beata Szydło. Parmi les ministres, le CEO de la banque BZ WBK Bank (filiale de Santander), Mateusz Morawiecki, a été nommé au poste de Ministre du Développement (Economie) apportant du crédit au programme économique du PIS. Par ailleurs, Mariusz Kaminski a été nommé Coordinateur des Services Secrets alors qu'il avait été démis de ses fonctions de directeur du BureauAnti-Corruption par Donald Tusk, alors premier ministre, et actuellement enappel d'une décision de justice le condamnant pour abus de pouvoir.

Feuille de route des 100 premiers jours

Mercredi, Beata Szydło présentait au parlement sa feuille de route pour les 100 prochains jours et a obtenu le vote de confiance des membres. Lequel était acquis d'avance, le parti Droit et Justice disposant d'une majorité. Conformément à la campagne électorale, elle a annoncé vouloir mettre en place rapidement une exonération d'impôt pour les bas revenus, un abaissement de l'âge de la pension ainsi que l'introduction d'une allocation de 500 zlotys par enfants. En raison des attentats qui ont eu lieu à Paris, Beata Szydło a tenu à entamer son discours en rappelant que la sécurité des Polonais était la priorité de son gouvernement.

Crise migratoire


Sur ce dernier point justement, plusieurs membres éminents du parti droit et justice s'étaient fait remarquer dans les jours qui ont suivis les attentats, en rapprochant ces derniers de la crise migratoire. Ainsi, le tout nouveau ministre des affaires étrangères Witold Waszczykowski a suggéré d'armer les jeunes migrants Syriens pour qu'ils retournent "libérer" leur pays plutôt que de bénéficier de l'asile en Europe. Celui qui allait être nommé ministre des affaires européennes, Konrad Szymanski avait déclaré qu'« à la suite des événements tragiques de Paris, la Pologne ne voit pas de possibilité politique d’exécuter la décision de relocalisation des réfugiés ». Il a nuancé son propos plus tard, en conditionnant l'accueil des migrants aux garanties suffisantes de sécurité. Quelques jours plus tard, Beata Szydło, n’a rien dit d'autre lorsqu'elle a affirmé une semaine après que la décision de l'Union européenne d'accueillir et de répartir les migrants syriens devrait être réévaluée. Rappelons que le précédent gouvernement s'était engagé à ce que la Pologne accueille 7 000 migrants Syriens. Cet engagement semble peu populaire en Pologne où un récent sondage révélait que 73 % des Polonais estimaient que leur pays ne pouvait accueillir les réfugiés.

Euro.

Autre sujet de désaccord entre l'ancien et le nouveau gouvernement: l'adoption de l'Euro. Henryk Kowalczyk, Ministre du Gouvernement Szydło, a déclaré que la Pologne n'avait aucun intérêt à adhérer à la monnaie européenne, du moins dans les conditions actuelles. Considérant notamment que le Zloty a contribué éviter le surendettement et à maintenir la croissance économique de la Pologne alors que le reste de l'Europe était en crise.

Magistrature et medias publiques: du changement.

Clairement, le nouveau gouvernement affiche sa différence par rapport au précédent et place ses pions. A peine arrivé au pouvoir, la nouvelle majorité s'est appliquée à adopter des projets de lois permettant de nouvelles désignations de magistrats à la tête du tribunal constitutionnel et le tribunal d'état. Les directions de médias publiques devraient connaître le même type de manœuvre. Le ministre de la culture Piotr Glinski a en effet annoncé une réforme des médias publics une fois que la loi le permettra. Cette réforme viserait à réorganiser la direction des médias sous un seul responsable et à "repoloniser" les médias locaux dont le financement dépend de trop, de son point de vue, de capitaux étrangers.

C'est parti pour quatre ans, voire huit?

Dans son premier discours à la chambre, Beata Szydło disait "nous commençons aujourd'hui un contrat de 4 ans avec les Polonais, et si les Polonais sont satisfaits du changement, je crois que nous pourrons prolonger le contrat encore de 4 ans." Une histoire à suivre donc!

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