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lundi 26 octobre 2015

Le Pologne aux mains du PIS !

Le PIS, vainqueur des élections législatives de ce dimanche 25 octobre 2015, relègue la PO au second rang. 


Les sondages de ces dernières semaines avaient prédit cette victoire. Selon les projections, après sondage à la sortie des urnes, commanditées et publiées par les trois chaînes télévisées polonaises, le PIS obtiendrait la majorité des sièges au parlement avec 39 % des voix, suivrait la PO avec 23 %. Accèdent également au parlement : le parti anti-système de Kukiz (9 %), les néo-libéraux de .Novoczesna (parti moderne, 7 %) et le parti paysan (5 %). La gauche n’obtiendrait aucun siège au parlement.

Pourtant la PO, parti au pouvoir depuis 8 ans, se présentait devant l’électeur avec des résultats que bien des partis ailleurs en Europe leur envieraient : un taux de chômage descendu sous la barre des 10 %, dix années de croissance économique et la « reconnaissance européenne » avec la nomination de Donald Tusk à la présidence du Conseil Européen. Mais voilà, la PO subit l’usure du pouvoir, la croissance ne profite pas à tous, et l’Union Européenne n’a plus la cote. On est loin de l’époque du référendum d’adhésion de 2003. La politique agricole est mal comprise et l’épisode de l’embargo russe sur les fruits est très mal passé, surtout dans les campagnes. Dernièrement, la participation de la Pologne au plan de répartition des migrants dans l’Union Européenne a été également vue comme un coup de force de Bruxelles. Ou plutôt faudrait-il dire de Berlin, car la voix dominante en Europe, c’est Angela Merkel ! Or l’histoire a laissé des traces dans les relations entre l’Allemagne et la Pologne qui a si souvent dû se défendre face à ses grands voisins.

Cette victoire des ultra-conservateurs nationalistes en Pologne était donc attendue, souvent avec appréhension en Europe Occidentale. Elle alimente depuis plusieurs semaines, et encore pour les semaines à venir, les discours des observateurs (écoutez notamment, « Affaires étrangères » de 24/10 sur France Culture ) qui ne manqueront pas de faire un rapprochement avec la Hongrie de Orban ou rappelleront le caractère religieux conservateur des Polonais, ou enfin expliqueront la tentation nationaliste par le passé de ce pays si souvent conquis. Mais au-delà de ces particularismes, on ne peut s’empêcher de voir des dynamiques semblables, récurrentes, dans différents coins d’Europe : rejet de l’Europe, regain nationalistes, usure du pouvoir, panne idéologique dans les partis traditionnels (en particulier à gauche), crise de confiance, … Pour rappel, en 2017, Angela Merkel et François Hollande termineront leur mandat. La situation de la Pologne est-elle si particulière ? 

mercredi 21 octobre 2015

Le monde des affaires belgo-polonais se retrouve aux Belgian Days à Varsovie.

La Belgian Business Chamber en Pologne organise du 22 octobre au 5 novembre ses 17èmes Belgian Days à Varsovie. Au programme, une série d’activités pour le moins variées devraient renforcer les liens entre hommes et femmes d’affaires des deux pays

Tout au long de ces 15 jours, les organisateurs feront découvrir différentes facettes de la Belgique et stimuleront les échanges entre les deux pays au travers d'événements variés et parfois plutôt originaux. 

Si on ne s'étonnera pas de lire au programme une soirée dédiée à la bière et au chocolat belge, ni de voir des moules-frites au menu du dîner de clôture ; d'autres activités peuvent clairement surprendre. Jugez plutôt: un voyage en tram évoquant le "Kusttram" (la plus longue ligne du monde nous dit-on!), un concours du meilleur sosie de Audrey Hepburn (née en Belgique!) ou encore, mais cette fois pour une bonne cause (en faveur du Pediatric Hospital of the Medical University of Warsaw), la réalisation de coussins aux motifs des schtroumpfs! 

Voilà pour les activités de découverte, mais il ne faut pas oublier qu'avant tout, l'objectif est sérieux: le business! Deux événements méritent d'être pointés: un séminaire dédié à la construction et à l'immobilier dans les deux pays et le forum des CEO. Ce dernier permettra aux directeurs des entreprises actives sur les marchés belge et polonais de parler "politique" avec le Secrétaire d'Etat à la Chancellerie du Président de la République de Pologne et d'assister à la remise du Belgian Business Chamber Award 2015. Ce prix met à l'honneur une entreprise membre notamment pour avoir œuvré à la promotion des relations entre les deux pays.

Le programme complet, qui comprend également du saxophone, de la BD et de la cuisine moléculaire, est consultable sur le site de la Belgian Business Chamber. Le dynamisme, la richesse, et la diversité des activités sont à l'image des liens économiques, mais pas seulement, entre la Pologne et la Belgique. Un sujet qui vaut bien la peine qu'on y consacre un blog, non?

mardi 20 octobre 2015

Kopacz contre Szydło

Hier, les deux candidates au poste de premier ministre de la Pologne se sont affrontées dans un débat télévisé en vue des élections législatives de ce 25 octobre. Ewa Kopacz issue du parti OP (plateforme civique) et actuelle premier ministre, a croisé le fer avec sa rivale Beata  Szydło, candidate du parti d’opposition PIS (Droit et justice). Le débat ne devrait pas changer fondamentalement la dynamique de la campagne dominée par le PIS.

Depuis plusieurs semaines les sondages des différentes agences pointent le PIS, parti conservateur de droite, largement devant les libéraux de centre droit de la PO avec un écart minimum de 7 points de pourcentage et des scores variant de 32 à 38 % dans les dernières publications. Certes, les sondages sont ce qu’ils sont et les vrais résultats sortiront seulement des urnes, mais force est de constater la relative stabilité des prévisions en termes de position respective des deux principaux partis. Rappelons d’ailleurs qu’il y a à peine un peu plus de 3 mois, le candidat du PIS, Andjej Duda était élu Président de la République.

Les différents manœuvres de la PO pour élargir son électorat n’ont pas fonctionné jusque maintenant. Le ralliement d’anciens opposants au parti tant de gauche (Napieralski ) que de droite ( Dorn and Giertych) a davantage brouillé le message du parti qu’attiré de nouveaux partisans et l’organisation d’un référendum demandé par le troisième candidat aux dernières présidentielles de juin ( Kukisz) a été marqué par une abstention majoritaire témoignant du désintérêt de la population pour l’action du gouvernement.

Trois autres partis devraient dépasser le seuil électoral leur permettant de siéger au parlement : le Parti Paysan (catholique), le Coalition de Gauche (gauche social-démocrate) et le Parti Moderne (très libéral). Ces partis se retrouveront peut-être en position d’arbitre au lendemain des élections en permettant au PIS ou à la PO d'accéder au pouvoir par le biais de coalitions, sauf si, comme certains sondages l’indiquent, le PIS obtient un score suffisant que pour gouverner seul.

En cas d’accès de la PO au pouvoir grâce une coalition, la gestion de celle-ci ne serait probablement un moindre défi que celui de la cohabitation avec le Président Duda. Bien que les pouvoirs du président en Pologne soient limités, ces derniers mois de cohabitation ont montré que des difficultés pouvaient apparaître notamment sur le plan international. Cela a été le cas lors de la gestion de la crise de l’accueil des migrants en Europe, où le premier ministre acceptait le plan de répartition des migrants de l’UE tandis que le président attisait la crainte de la population en demandant des mesures d’hygiène pour répondre aux éventuelles épidémies causées par ceux-ci et critiquait l’attitude d’une Europe où les pays les plus grands et les plus riches imposent leur vision.

Au-delà d discours eurosceptique et nationaliste, c’est bien sur le plan « socio-économique » que le PIS semble marquer des points auprès de la population. Ainsi le PIS prévoit par exemple de rabaisser l'âge de la pension ainsi que d’offrir 500 zloty par enfants à chaque famille. La PO, juge ces mesures populistes et impossibles à financer. Ce que réfute le PIS qui compte trouver l’argent auprès des banques et des entreprises étrangères de grande distribution. Ainsi le PIS promet-il de ne pas prendre l’argent à certains Polonais pour donner à d’autres, mais de mettre en œuvre des mesures qui profitent à tous.

En effet, qui traverse la Pologne et discute avec des Polonais l’aura compris. La Pologne est depuis plusieurs années en pleine croissance économique, alors que le reste de l’Europe ne semble pouvoir sortir de la crise de 2008. Les enseignes internationales de groupes bancaires et de distributions fleurissent dans les grandes villes. Les investisseurs étrangers ont vu juste : les Polonais sont diplômés, qualifiés, travailleurs, et … bons marché. Le sentiment prédomine dans la population que les fruits de la croissance ne profitent pas à tout le monde. L’économie décolle mais pas les salaires.
Alors le 25 octobre qui de Mme Kopacz ou Madame Szydło accèdera au poste de première ministre de la Pologne ? Cela dépendra grandement de leur capacité à convaincre l’électorat de leur capacité à améliorer leur condition de vie, viendront ensuite les questions de politiques étrangères, migratoires et culturelles.