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lundi 14 décembre 2015

La Pologne et son charbon : la COP21 n’a rien changé !


En Pologne, le charbon continuera à brûler ! Les autorités polonaises sortent des négociations pour le climat (COP21) sans avoir dû s’engager à se détourner de leur « or ». Source d’énergie peu coûteuse et locale, sa combustion à un prix : celui de la qualité de l’air.


Centrale électrique au charbon de Jaworzno en Pologne
(Aktron / Wikimedia Commons CC-BY-SA-2.5)
Ce weekend, le nouveau ministre polonais en charge de l’environnement, Jan Szyszko, est rentré de la COP21 satisfait de l’accord engrangé. Pourtant, la Pologne avait longtemps rechigné à s’accorder avec ses partenaires européens sur une position commune à l’entame des négociations. Les autorités polonaises s’y étaient finalement pliées en obtenant le remplacement du terme « décarbonisation » par « neutralité climatique » dans le texte.

Pourquoi alors un tel enthousiasme pour un accord dont a priori la Pologne ne semblait pas vouloir? Parce que l’accord n’exclut pas le recours au charbon comme source d’énergie dès lors que les émissions peuvent être compensées par l’absorption des gaz par les forêts ou grâce aux nouvelles technologies selon les autorités polonaises.
"C’est le meilleur accord que nous pouvions espérer!" Tomasz Chruszczow, chef de la délégation polonaise à la COP21 sur le site thenews.pl .
Le charbon représente plus de la moitié de l‘approvisionnement en énergie primaire, 85 % de la production d’électricité et environ 100.000 emplois directs. Il permet à la Pologne de se garantir une certaine autonomie énergétique. Dans une récente intervention au Conseil National du développement, le Président Duda avait estimé que les réserves nationales garantissaient l’approvisionnement en énergie pour les 200 années à venir. La Pologne ne semble donc pas être prête à tourner le dos au charbon, d’autant plus que ce combustible est également très populaire au sein des ménages qui apprécient son bas coût.

mardi 1 décembre 2015

Vieillissement, famille, migration: le Polonais, un Européen comme les autres?


"People in EU:who are we and how do we live", tel est l'intitulé du rapport publié ce 27 novembre 2015 par l'office européen de statistique, Eurostat. Cet ouvrage trace les grandes évolutions que traverse, aujourd'hui (données collectées entre 2011 et 2014), la population européenne en matière de démographie, d'organisation familiale, d'habitat ou encore de mobilité. La plupart des paramètres sont détaillés au niveau national et permettent de situer la Pologne par rapport à ces enjeux européens.


Vieillissement de la population, transformation de la composition des ménages et migrations sont des enjeux majeurs de l'Union Européenne dont les réalités peuvent varier d'un pays à l'autre. Si la Pologne n'échappe pas aux grandes tendances, le pays affiche des particularités à certains égards:

  • plus jeune que l'ensemble l'Union mais qui n'échappera pas à la question du vieillissement,
  • attaché au mariage mais où vivent de nombreuses familles mono-parentales,
  • comptant peu de migrants ou de natifs étrangers sur son territoire mais de nombreux "nationaux" émigrés ailleurs en Europe.

mardi 24 novembre 2015

Gouvernement Polonais : une première semaine qui donne le ton !

La semaine passée, le tout nouveau gouvernement polonais issu des élections du 25 octobre a pris ses fonctions. Discours au parlement, déclarations de certains ministres ainsi que premiers votes à la Diète marquent une volonté de tenir ses promesses de campagnes et de rompre avec les prédécesseurs sur des dossiers tels que les relations avec l’Europe et la zone Euro, la nomination de magistrats ou encore l’accueil de réfugiés.

Prestation de serment et désignations.

Lundi, le nouveau gouvernement prestait serment dans les mains du président Andjej Duda. Il compte 24 membres, 18 hommes et 6 femmes dont la cheffe du gouvernement: Beata Szydło. Parmi les ministres, le CEO de la banque BZ WBK Bank (filiale de Santander), Mateusz Morawiecki, a été nommé au poste de Ministre du Développement (Economie) apportant du crédit au programme économique du PIS. Par ailleurs, Mariusz Kaminski a été nommé Coordinateur des Services Secrets alors qu'il avait été démis de ses fonctions de directeur du BureauAnti-Corruption par Donald Tusk, alors premier ministre, et actuellement enappel d'une décision de justice le condamnant pour abus de pouvoir.

Feuille de route des 100 premiers jours

Mercredi, Beata Szydło présentait au parlement sa feuille de route pour les 100 prochains jours et a obtenu le vote de confiance des membres. Lequel était acquis d'avance, le parti Droit et Justice disposant d'une majorité. Conformément à la campagne électorale, elle a annoncé vouloir mettre en place rapidement une exonération d'impôt pour les bas revenus, un abaissement de l'âge de la pension ainsi que l'introduction d'une allocation de 500 zlotys par enfants. En raison des attentats qui ont eu lieu à Paris, Beata Szydło a tenu à entamer son discours en rappelant que la sécurité des Polonais était la priorité de son gouvernement.

Crise migratoire


jeudi 12 novembre 2015

Plusieurs dizaines de milliers de nationalistes dans les rues de Varsovie à l'occasion de la fête de l'indépendance.

Ce 11 novembre 2015, fête de l'indépendance de la Pologne. A cette occasion plusieurs dizaines de milliers de manifestants nationalistes ont marché dans les rue de la capitale sous le mot d'ordre: la Pologne au Polonais! Cette année, contrairement aux précédentes, quasiment aucun incident majeur à signaler. Le ton envers les étrangers par contre reste aussi hostile.

Selon le site thenews.pl, site d'information en anglais de la radio publique polonaise, ils étaient 70 000 à défiler sous les bannières rouge et blanches, réclamant "la Pologne aux Polonais, et les Polonais pour la Pologne". Dans un contexte de crise migratoire, les slogans étaient clairement hostile aux migrants, à l'Europe et à l'Islam, ainsi qu'au communisme, comme en témoigne les slogans repris par quelques sites d'information étrangère. Selon le site russe d'information RT.com, on pouvait entendre parmi les cris des manifestants un appel à ce que les communistes pendent aux arbres, tandis que La Trinune de Genève rapportait des drapeaux européens brûlés et des manifestants réclamant de "stopper l'islamisation" de la Pologne. Ce dernier appel frôle l'absurde quand on connaît la portion congrue que représentent les musulmans au sein de la population polonaise, soit 0.1 % selon les estimation du Pew Research Center. Pourcentage qui ne devrait pas augmenter même en acceptant les 7 000 migrants Syriens comme le précédent gouvernement s'y était engagé.

Ces slogans doivent faire se retourner dans leur tombe quelques bons rois Jagellon du Moyen Âge et de la Renaissance qui faisaient preuve d'une ouverture et d'une tolérance hors du commun pour l'époque, accueillants les juifs puis les protestants fuyant les massacres organisés par les autres nations catholiques d'Europe.

L'autre événement marquant de cette journée était sans aucun doute le discours du nouveau président Duda, issu du parti nationaliste PIS. Celui-ci y a plaidé pour que la croissance économique profite à tous, taclant ainsi le parti précédemment au pouvoir, les libéraux de la PO, et d'insister sur un changement "qui doit conduire à l'égalité de tous les citoyens du pays". Tous?

mercredi 11 novembre 2015

11 novembre: les Polonais fêtent leur indépendance.

L'armistice de la première guerre mondiale a enfin permis au Polonais de retrouver leur nation effacée de la carte pendant 123 ans. Comme dans beaucoup d'autre pays, cette "fête nationale" rime avec défilés militaires, célébrations officielles et religieuses, mais depuis quelques années, aussi avec démonstrations de force de mouvements ultra nationalistes.

La Pologne était une nation puissante durant le Moyen-Âge, puis brillante pendant la renaissance et, d'une certaine manière, démocratiquement en avance sur son temps au dix-huitième siècle. Mais en 1795, après plusieurs décennies d'affaiblissement de l'Etat, la Pologne disparaît en tant que nation et se retrouve partagée entre la Russie, la Prusse qui deviendra l'Allemagne, et l'Autriche. Cent vingt-trois ans plus tard, la révolution bolchevique a mis fin à l'impérialisme russe, et l'Autriche et l'Allemagne ont perdu la guerre: c'est l'occasion pour les Polonais de retrouver leur nation. La deuxième république de Pologne voit le jour et la date du 11 novembre sera dès lors un jour de réjouissance, mais ne sera un congé officiel qu'en 1937. Les Polonais n'en profiteront pas longtemps.

La suite est connue, en 1939, le pacte Ribbentrop-Molotov partagera la Pologne entre les deux puissances voisines. A la fin de la seconde guerre mondiale, la Pologne réapparaît sur les cartes, quoi qu’avec des frontières décalées vers l'ouest. La république populaire de Pologne verra le jour, indépendante certes, mais satellite de l'Union Soviétique. Le 11 novembre n'est plus fêté officiellement et est "remplacé" par le jour de la « renaissance de l'état polonais », le 22 juillet, date à laquelle la Pologne est devenue officiellement la République Populaire de Pologne. Depuis 1989, c'est à nouveau le 11 novembre qui est fêté.

lundi 9 novembre 2015

Un bol d'air à Cracovie? Surtout pas!

Cracovie en Automne. Ses ruelles charmantes, ses bâtiments historiques, les méandres majestueux de la Vistule, les teintes rouille et or des arbres du Planty, tout y invite à la promenade et à prendre un bon bol d'air! Mais non! Surtout pas! Voilà une prise de risque inconsidérée! Fin de la semaine dernière Cracovie a connu son premier épisode important de smog, probablement le premier d'une longue série cet hiver, comme les années précédentes.

Indice de qualité de l'air dans l'une des station de Cracovie
ce vendredi 6 novembre à 19h.
Capture d'écran du site http://aqicn.org

Depuis jeudi, la pollution de l'air est le sujet principal des Cracoviens. Ce jour-là, le taux de particules fines dans l'air avait atteint 5 fois la norme fixée par l'Organisation Mondiale de la Santé. La pollution de l'air est un phénomène d'une ampleur telle que pneumonie, asthme et saignements de nez sont courants en période de smog à Cracovie. Les médecins conseillent aux personnes fragiles de rester chez eux tandis que les écoles adaptent ou suppriment les activités extérieures des enfants. En 2013, une pétition lancée par  l'organisation citoyenne Krakowski Alarm Smogowy urgeant les autorités d'agir avait récolté quelques 17 500 signatures.

Comme souvent, la question environnementale de la qualité de l'air se double d'une question sociale. La solution vers laquelle les autorités se dirigent est l'interdiction de l'usage de combustibles solides à l'horizon 2019. Cette solution a déjà été mise en œuvre avec succès dans d'autres villes d'Europe.  Mais cette solution est peu populaire à Cracovie où de nombreux ménages ne sont pas raccordés au réseau urbain de chauffage et utilisent des poêles ou chaudière à charbon ou au bois, y brûlant parfois leurs déchets ménagers. Le charbon est très apprécié des polonais pour son faible coût. Alors que les autorités proposent des incitants financiers pour le remplacement des chaudières et poêles à charbons, les personnes y sont souvent réfractaires car cela les conduirait à utiliser un combustible plus coûteux. De plus, les polonais sont encore nombreux à préférer acheter leur combustible au fur et à mesure de leurs besoins plutôt que de s'engager à payer des factures,  avec le risque d'endettement en cas de surconsommation.  Bref pour les détracteurs de l'interdiction, cette mesure est injuste car elle pénalise les plus pauvres.


vendredi 6 novembre 2015

Belgian Days : les entrepreneurs sont au rendez-vous!

Aujourd'hui 5 novembre 2015, se clôture la 17ème édition des Belgian Days organisés par la Belgian Business Chamber (BBC). C'est l'occasion de revenir sur l'événement ainsi que sur l'état des relations commerciales entre la Belgique et la Pologne avec  Madame Malgorzata Vincent, directrice de la BBC.


Les Belgian Days: entre business...
... et convivialité,

Malgorzata Vincent dirige la Belgian Business Chamber depuis presque six ans, soit assez longtemps pour constater une évolution positive des affaires belgo-polonaises. 

Il y a encore quelques années, "les Belges étaient timides et les Polonais connaissaient très peu la Belgique". C'est pourquoi la BBC, notamment au travers des Belgian Days, œuvre à une meilleure connaissance de la Belgique en Pologne. Cette connaissance mutuelle semble évoluer, si bien que selon les chiffres dont dispose la BBC, « le commerce entre la Belgique et la Pologne a augmenté au cours des cinq dernières années de 60% " faisant de la Belgique "le onzième partenaire économique de la Pologne dans l'Union européenne”. De son côté, la Pologne ne manque pas d'atouts pour attirer les investisseurs belges, notre interlocutrice de souligner "le climat propice aux affaires, la volonté et l'envie de ses habitants d'aller de l'avant ainsi que la qualité de ses travailleurs reconnue de tous." Toujours selon les informations fournies par la BBC, quelques 700 entreprises belges sont installées en Pologne pour un investissement total de plus de 5 milliards d'euros. La Belgique est le treizième investisseur étranger en Pologne.

dimanche 1 novembre 2015

Eclairage sur la Toussaint polonaise

Depuis plusieurs semaines, les supermarchés en ont remplis des kilomètres de rayonnages ! Bougies, fleurs artificielles et chrysanthèmes débordent des caddies des Polonais. C’est la Toussaint !

En cette saison, en Belgique, les costumes d’Halloween occupent le plus souvent les têtes de gondoles et ont relégué les chrysanthèmes et autres pomponettes aux seuls rayons "jardinerie". 

Ici en Pologne, le jour des morts constitue encore une véritable retrouvaille entre les vivants et les morts. Les Polonais n’hésitent pas à prendre la route pour traverser le pays et rendre visite en famille à leurs regrettés.  Ils déposent alors sur les tombes des chrysanthèmes, tantôt naturels, tantôt artificiels (résistent mieux au gel !), mais surtout des bougies, de nombreuses bougies! Dès la nuit tombée, et elle tombe tôt « sous ces longitudes », les cimetières sont alors nimbés d’une lumière chaleureuse, faisant oublier la froideur du marbre des sépultures. Les familles restent un temps sur place pour se recueillir auprès de leurs défunts proches mais également se promener dans les allées des cimetières devenus si hospitaliers.

La  frénésie commerciale par laquelle l’article débute se clôture en beauté par la fermeture des magasins le 1er novembre, fait rare dans ce pays où les magasins ouvrent sept jours sur sept !


lundi 26 octobre 2015

Le Pologne aux mains du PIS !

Le PIS, vainqueur des élections législatives de ce dimanche 25 octobre 2015, relègue la PO au second rang. 


Les sondages de ces dernières semaines avaient prédit cette victoire. Selon les projections, après sondage à la sortie des urnes, commanditées et publiées par les trois chaînes télévisées polonaises, le PIS obtiendrait la majorité des sièges au parlement avec 39 % des voix, suivrait la PO avec 23 %. Accèdent également au parlement : le parti anti-système de Kukiz (9 %), les néo-libéraux de .Novoczesna (parti moderne, 7 %) et le parti paysan (5 %). La gauche n’obtiendrait aucun siège au parlement.

Pourtant la PO, parti au pouvoir depuis 8 ans, se présentait devant l’électeur avec des résultats que bien des partis ailleurs en Europe leur envieraient : un taux de chômage descendu sous la barre des 10 %, dix années de croissance économique et la « reconnaissance européenne » avec la nomination de Donald Tusk à la présidence du Conseil Européen. Mais voilà, la PO subit l’usure du pouvoir, la croissance ne profite pas à tous, et l’Union Européenne n’a plus la cote. On est loin de l’époque du référendum d’adhésion de 2003. La politique agricole est mal comprise et l’épisode de l’embargo russe sur les fruits est très mal passé, surtout dans les campagnes. Dernièrement, la participation de la Pologne au plan de répartition des migrants dans l’Union Européenne a été également vue comme un coup de force de Bruxelles. Ou plutôt faudrait-il dire de Berlin, car la voix dominante en Europe, c’est Angela Merkel ! Or l’histoire a laissé des traces dans les relations entre l’Allemagne et la Pologne qui a si souvent dû se défendre face à ses grands voisins.

Cette victoire des ultra-conservateurs nationalistes en Pologne était donc attendue, souvent avec appréhension en Europe Occidentale. Elle alimente depuis plusieurs semaines, et encore pour les semaines à venir, les discours des observateurs (écoutez notamment, « Affaires étrangères » de 24/10 sur France Culture ) qui ne manqueront pas de faire un rapprochement avec la Hongrie de Orban ou rappelleront le caractère religieux conservateur des Polonais, ou enfin expliqueront la tentation nationaliste par le passé de ce pays si souvent conquis. Mais au-delà de ces particularismes, on ne peut s’empêcher de voir des dynamiques semblables, récurrentes, dans différents coins d’Europe : rejet de l’Europe, regain nationalistes, usure du pouvoir, panne idéologique dans les partis traditionnels (en particulier à gauche), crise de confiance, … Pour rappel, en 2017, Angela Merkel et François Hollande termineront leur mandat. La situation de la Pologne est-elle si particulière ? 

mercredi 21 octobre 2015

Le monde des affaires belgo-polonais se retrouve aux Belgian Days à Varsovie.

La Belgian Business Chamber en Pologne organise du 22 octobre au 5 novembre ses 17èmes Belgian Days à Varsovie. Au programme, une série d’activités pour le moins variées devraient renforcer les liens entre hommes et femmes d’affaires des deux pays

Tout au long de ces 15 jours, les organisateurs feront découvrir différentes facettes de la Belgique et stimuleront les échanges entre les deux pays au travers d'événements variés et parfois plutôt originaux. 

Si on ne s'étonnera pas de lire au programme une soirée dédiée à la bière et au chocolat belge, ni de voir des moules-frites au menu du dîner de clôture ; d'autres activités peuvent clairement surprendre. Jugez plutôt: un voyage en tram évoquant le "Kusttram" (la plus longue ligne du monde nous dit-on!), un concours du meilleur sosie de Audrey Hepburn (née en Belgique!) ou encore, mais cette fois pour une bonne cause (en faveur du Pediatric Hospital of the Medical University of Warsaw), la réalisation de coussins aux motifs des schtroumpfs! 

Voilà pour les activités de découverte, mais il ne faut pas oublier qu'avant tout, l'objectif est sérieux: le business! Deux événements méritent d'être pointés: un séminaire dédié à la construction et à l'immobilier dans les deux pays et le forum des CEO. Ce dernier permettra aux directeurs des entreprises actives sur les marchés belge et polonais de parler "politique" avec le Secrétaire d'Etat à la Chancellerie du Président de la République de Pologne et d'assister à la remise du Belgian Business Chamber Award 2015. Ce prix met à l'honneur une entreprise membre notamment pour avoir œuvré à la promotion des relations entre les deux pays.

Le programme complet, qui comprend également du saxophone, de la BD et de la cuisine moléculaire, est consultable sur le site de la Belgian Business Chamber. Le dynamisme, la richesse, et la diversité des activités sont à l'image des liens économiques, mais pas seulement, entre la Pologne et la Belgique. Un sujet qui vaut bien la peine qu'on y consacre un blog, non?

mardi 20 octobre 2015

Kopacz contre Szydło

Hier, les deux candidates au poste de premier ministre de la Pologne se sont affrontées dans un débat télévisé en vue des élections législatives de ce 25 octobre. Ewa Kopacz issue du parti OP (plateforme civique) et actuelle premier ministre, a croisé le fer avec sa rivale Beata  Szydło, candidate du parti d’opposition PIS (Droit et justice). Le débat ne devrait pas changer fondamentalement la dynamique de la campagne dominée par le PIS.

Depuis plusieurs semaines les sondages des différentes agences pointent le PIS, parti conservateur de droite, largement devant les libéraux de centre droit de la PO avec un écart minimum de 7 points de pourcentage et des scores variant de 32 à 38 % dans les dernières publications. Certes, les sondages sont ce qu’ils sont et les vrais résultats sortiront seulement des urnes, mais force est de constater la relative stabilité des prévisions en termes de position respective des deux principaux partis. Rappelons d’ailleurs qu’il y a à peine un peu plus de 3 mois, le candidat du PIS, Andjej Duda était élu Président de la République.

Les différents manœuvres de la PO pour élargir son électorat n’ont pas fonctionné jusque maintenant. Le ralliement d’anciens opposants au parti tant de gauche (Napieralski ) que de droite ( Dorn and Giertych) a davantage brouillé le message du parti qu’attiré de nouveaux partisans et l’organisation d’un référendum demandé par le troisième candidat aux dernières présidentielles de juin ( Kukisz) a été marqué par une abstention majoritaire témoignant du désintérêt de la population pour l’action du gouvernement.

Trois autres partis devraient dépasser le seuil électoral leur permettant de siéger au parlement : le Parti Paysan (catholique), le Coalition de Gauche (gauche social-démocrate) et le Parti Moderne (très libéral). Ces partis se retrouveront peut-être en position d’arbitre au lendemain des élections en permettant au PIS ou à la PO d'accéder au pouvoir par le biais de coalitions, sauf si, comme certains sondages l’indiquent, le PIS obtient un score suffisant que pour gouverner seul.

En cas d’accès de la PO au pouvoir grâce une coalition, la gestion de celle-ci ne serait probablement un moindre défi que celui de la cohabitation avec le Président Duda. Bien que les pouvoirs du président en Pologne soient limités, ces derniers mois de cohabitation ont montré que des difficultés pouvaient apparaître notamment sur le plan international. Cela a été le cas lors de la gestion de la crise de l’accueil des migrants en Europe, où le premier ministre acceptait le plan de répartition des migrants de l’UE tandis que le président attisait la crainte de la population en demandant des mesures d’hygiène pour répondre aux éventuelles épidémies causées par ceux-ci et critiquait l’attitude d’une Europe où les pays les plus grands et les plus riches imposent leur vision.

Au-delà d discours eurosceptique et nationaliste, c’est bien sur le plan « socio-économique » que le PIS semble marquer des points auprès de la population. Ainsi le PIS prévoit par exemple de rabaisser l'âge de la pension ainsi que d’offrir 500 zloty par enfants à chaque famille. La PO, juge ces mesures populistes et impossibles à financer. Ce que réfute le PIS qui compte trouver l’argent auprès des banques et des entreprises étrangères de grande distribution. Ainsi le PIS promet-il de ne pas prendre l’argent à certains Polonais pour donner à d’autres, mais de mettre en œuvre des mesures qui profitent à tous.

En effet, qui traverse la Pologne et discute avec des Polonais l’aura compris. La Pologne est depuis plusieurs années en pleine croissance économique, alors que le reste de l’Europe ne semble pouvoir sortir de la crise de 2008. Les enseignes internationales de groupes bancaires et de distributions fleurissent dans les grandes villes. Les investisseurs étrangers ont vu juste : les Polonais sont diplômés, qualifiés, travailleurs, et … bons marché. Le sentiment prédomine dans la population que les fruits de la croissance ne profitent pas à tout le monde. L’économie décolle mais pas les salaires.
Alors le 25 octobre qui de Mme Kopacz ou Madame Szydło accèdera au poste de première ministre de la Pologne ? Cela dépendra grandement de leur capacité à convaincre l’électorat de leur capacité à améliorer leur condition de vie, viendront ensuite les questions de politiques étrangères, migratoires et culturelles.