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mardi 14 février 2017

Couples mixtes en Pologne : choc culturel ou culture commune ?

Les couples mixtes le sont-ils vraiment ? La culture Polonais est-elle si différente de celle de leur conjoint étranger? En épousant des Occidentaux, les femmes polonaises font-elles davantage preuve d’audace que leurs compatriotes masculins qui préfèrent s’unir à des Slaves, culturellement plus proches ? Le site Lewilinfo a enquêté auprès des couples mixtes pour en savoir plus.
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Les mariages mixtes en Polognes, un peu plus de 4000 en 2015, sont majoritairement le fait de femmes polonaises qui épousent des "Occidentaux" (Anglais, Allemand, Italiens,…). Certains seraient tentés de conclure que celles-ci sont plus audacieuses que les hommes et qu'elles n’ont pas peur de se confronter à une autre culture. Mais l’écart culturel est-il si grand entre Polonais et « Occidentaux » ? Pour le savoir le site Lewilinfo a interrogé en 2016 un peu plus d’une vingtaine de couples mixtes.

Les répondants étaient principalement des Français(es) (aussi quelques Belges et une Allemande), en couple avec un(e) Polonais(e). La plupart résidaient au moment de l’enquête en Pologne. Les questions posées portaient notamment sur les différences culturelles au sein du couple.

Tout d’abord, les couples mixtes le sont-ils vraiment ? Si la plupart ont répondu par l’affirmative, le fossé culturel qui sépare les Polonais de leur conjoint étranger n’est pas si large. En effet, sur une échelle allant de 1 (pas de différence)  à 5 (très différente), les répondants ont estimé l’importance de l’écart culturel à "2" ou "3". L’un d’eux affirmait d’ailleurs qu’à part « l’alcool et la nourriture » il n’y avait quasiment pas de différence.

La table : ce qu’on y mange, quand on y mange et comment on y mange ! Chez nos couples mixtes, le clash culturel semble s’inviter à dîner, ou plutôt au petit déjeuner (le premier), où salade de poivrons s’oppose au croissant-beurre.  L’alimentation au sens large est la différence culturelle la plus citée avant l’importance de la religion et la langue. C’est que l’art de la table est le trait culturel occidental préféré des Français et Belges interrogés. Citées dans une moindre mesure, on retrouve également les différences culturelles suivantes : l’histoire du pays, la fierté nationale, les valeurs familiales, les traditions et fêtes, le rapport à l’argent, la politique et diverses caractéristiques liées à la manière d’être ou d’agir. Certains traits culturels spécifiques à la Pologne s’opposent à d’autres plutôt valorisés par certains répondants, dans la culture française ou belge. C’est le cas du poids de la religion en Pologne qui s’oppose à la laïcité française ou le nationalisme polonais opposé à l’ouverture, la mixité culturelle, et le faible patriotisme belges.

Les cultures polonaise et occidentale diffèrent finalement peu. Beaucoup y voient un « tronc commun » culturel, une culture européenne, occidentale voire universelle. Polonais et Occidentaux partageraient les valeurs de démocratie, d’individualisme, de capitalisme,… Polonais ou conjoints étrangers parlent anglais, mangent au McDo, font leurs achats dans les mêmes magasins, envoient leurs enfants à l’école,... Au-delà de ces pratiques et valeurs considérées comme « internationales », certains traits culturels plus particuliers semblent également rapprocher les Polonais et leur conjoint étranger : l’importance de la famille, l’éducation ainsi que le rapport au travail et au loisir. Enfin, bien que leurs vues divergent sur l’art de la table, ils partagent l’esprit de convivialité autour d’un verre ou d’un repas.

Les quelques différences culturelles sont souvent vues comme une richesse et un atout pour le couple : « Nous avons parfois des conversations plus intéressantes du fait d'être de pays différents ». La différence, c’est justement ce que semblent apprécier les répondants dans la culture de l’autre. Malgré ce goût affirmé pour l'altérité, ils ont tendance à aimer dans la culture de l'autre ce qui est également valorisé dans leur propre culture. 

Le couple mixte est en effet fait pour s’entendre. A la question « qu’aimez-vous dans la culture de votre conjoint ? », Polonais et étrangers répondent quasiment la même chose : les valeurs familiales, les traditions et fêtes, l’humour et la gentillesse, la musique, le cinéma, la littérature et enfin l’art de se retrouver autour d’un verre ou d’un plat. De manière plus anecdotique, un conjoint étranger dit apprécier la fierté nationale dans la culture polonaise, tandis qu’un conjoint polonais dit aimer la langue française et l'égalité des sexes.

Dans les couples mixtes, la culture semble finalement se partager plus qu’elle ne divise. Et en ce jour de Saint Valentin, à l’heure du dîner romantique aux chandelles ( podwieczorek ou Kolacja ?) les amoureux ne seront peut-être pas d’accord sur le contenu de leur assiette mais partagerons à coup sûr le plaisir d’un repas en tête-à-tête.

lundi 1 août 2016

JMJ 2016: les mots du Pape, l'accueil des Polonais

Cracovie. Dimanche, début d’après-midi, se clôturaient les 31e Journées Mondiales de la Jeunesse. Près de 2 000 000 de pèlerins ont quittaient le campus de la miséricorde sous un ciel qui s’apprêtait à pleurer leur départ. En tête, ils garderont les chants entonnés par des centaines de milliers de jeunes venus du monde entier, les exhortations à agir du Pape  et le goût des pierogis.

Lorsqu’on demande aux pèlerins ce qu’ils préfèrent dans les JMJ, la réponse est unanime : la rencontre avec d’autres jeunes du monde entier, l’hospitalité des Polonais et bien sûr le message du Pape ! Claire Jonard, coordinatrice pour la délégation belge, ne dit rien d’autre lorsqu’elle dresse un bilan à chaud, le dimanche après-midi, en quittant le Campus de la Miséricorde : « Les jeunes retiendront certainement la profondeur et la qualité de l’accueil des Polonais. Ils ont été également touchés par leur ferveur. Pour les jeunes cela a été un temps très fort d’intensification, voire de découverte, de leur foi. Enfin ils sont fort touchés par les paroles du Pape qui les a encouragé à chausser leurs crampons et à se mettre en marche pour le monde de demain». Un conseil visiblement suivi au pied de la lettre par les pèlerins qui, durant les JMJ, auront marché « en moyenne entre 16 000 et 20 000 pas par jour », me dit un français les yeux sur son application mobile.

« Nous ne sommes pas venu au monde pour végéter » c’est une des formules utilisées par le Pape pour inviter les jeunes à « se bouger ». Le message a parfois surpris les pèlerins, dont cette française qui se disait marquée par les paroles du Pape qui voyait en certains jeunes des « petits retraités de 20 ans ». Joignant la forme au fond, le Pape s’est appliqué à donner un rôle actif aux pèlerins en leur posant directement des questions pendant les messes.  En exhortant ses fidèles à changer « leur divan contre des chaussures » le Pape François bouscule ses fidèles. Plus tôt dans le semaine, il n’avait pas non plus cherché à épargner les dirigeants polonais en plaidant pour l’accueil des réfugiés Syriens auquel ceux-ci s’opposent. C’est avant tout un message de paix que le pape semble chercher en rappelant que la « réponse à ce monde en guerre, à un nom, elle s’appelle fraternité » et que l’Eglise ne veut pas « vaincre la haine par davantage de haine ».
Il est vrai que l’ombre du terrorisme a plané sur des JMJ organisés sous haute surveillance. Selon une responsable d’une délégation française, certains jeunes auraient renoncé aux JMJ suite aux tragiques événements de Nice. Fort heureusement les JMJ ont échappé à Daech. Le terrorisme s’est toutefois imposé à l’agenda, d’abord lors de la messe d’ouverture par un hommage au Père Hamel assassiné à Rouen quelques heures plus tôt, ensuite dans les discussions lors des catéchèses quotidiennes auxquelles assistaient les pèlerins.

« Different people, one God », c’est ainsi qu’une volontaire péruvienne résume l’essence des JMJ. 181 pays selon les organisateurs sont présents à Cracovie. Aux côté des 80 000 Polonais, 35  000 Français et 1 500 Belges, on retrouve des délégations sud-américaines dont des Argentins enthousiastes à l’idée de voir « leur Pape » et des Brésiliens qui attendent avec impatience « leurs Jeux-Olympiques », des Américains, des Australiens, des Chinois, des Malaisiens ou encore des Vietnamiens. Quelques délégations africaines sont présentes mais en moindre nombre, pour des raisons de coûts souvent, mais aussi de difficulté d’obtention de visa. Le temps des JMJ, Cracovie est devenue un concentré du monde catholique où les sourires et les salutations s’échangeaient dans toutes les langues et où les dzien dobry (bonjour en polonais) se coloraient des accents les plus exotiques.

« Un invité dans la maison, c’est Dieu dans la maison » dit un proverbe polonais.  Durant les JMJ, et  la semaine avant dite « en diocèse » qui s'est déroulée un peu partout en Pologne, de nombreux pèlerins ont logé chez l’habitant. Tous vantent l’accueil de leurs hôtes.  « On a super bien mangé », dit une Française, « On a fait du kayak » raconte une Belge, « ça a coulé à flot, le dernier soir » confie un autre Belge sans préciser s’il fait référence à la Vodka ou aux larmes d’émotion lors du départ. Seule ombre au tableau pour certains : le temps de trajet pour rentrer chez leur « habitant ». Des pèlerins logés à Kalwaria petite commune en théorie à un peu plus d’une heure en train, racontent qu'il leur faut trois à cinq heures de trajets. C’était en effet un des plus gros défis des organisateurs des JMJ : loger et faire se déplacer près de deux millions de personnes dans une ville qui en compte habituellement huit cent mille. 

Des centaines de milliers de pèlerins rentrent donc chez eux, chaussures aux pieds et sac bleu, jaune ou rouge à l’effigie des JMJ sur le dos. S’aidant du lexique téléchargé sur l’appli Pilgrim, ils disent « do zobaczenia » à cette Pologne qui a déployé pour eux toute son hospitalité. 

mercredi 27 juillet 2016

Matinée Kick off pour les Belges aux JMJ (en images)

Ce mardi 26 juillet, 1500 jeunes rassemblés dans l'église Saint Joseph à Podgorze pour célébrer le début des JMJ. Les couleurs du pays flottaient à l'intérieur et à l'extérieur de l'édifice.



lundi 25 juillet 2016

Journées Mondiales de la Jeunesse : les francophones sont « ready » !

« Are you ready ? » La question est placardée à tous les coins de rue de Cracovie. Impossible de l’ignorer, les JMJ commencent et il s’agit d’être prêt à accueillir les centaines de milliers de pèlerins. A la veille de l’ouverture officielle,  360 000 pèlerins sont déjà inscrits dont 35 000 français et 1 500 Belges. 

Si la plupart des pèlerins sont attendus aujourd’hui lundi et demain, jour de l’ouverture officielle des JMJ, ils étaient déjà nombreux à parcourir la ville ces derniers jours, reconnaissables à leur sac à dos à l’effigie des JMJ.  Au total, la ville de Cracovie et ses 800 000 habitants attendent près de 2 000 000 de visiteurs. Parmi eux, des Français et des Belges qui pourront se tourner si besoin, vers les 80 volontaires des équipes de coordination nationales prêts à les accueillir au « QG francophone ».

A moins d’un quart d’heure à pied du Rynek, une école sert de quartier général à la coordination francophone pour les JMJ. Je leur ai rendu visite cinq jours avant lancement officiel: « Ce sont les derniers jours de tranquillités ? Vous êtes prêts ? » Mes interlocuteurs acquiescent, tranquilles.

« Vous attendez combien de pèlerins français ? » « Il y a 35 000 Français inscrits » m’explique Kinda de la commission communication de la coordination française, « mais on en attend encore quatre à cinq milles durant le weekend où le Pape sera là. » Selon les chiffres des organisateurs, la France serait le troisième pays pourvoyeur de pèlerins après la Pologne et l’Italie.

Données: www.krakow2016.com
Total: 356 294 pèlerins issus de 187 pays.


Quelques jours plus tard, c'est Claire, en charge de la coordination francophone pour la Belgique qui m'informe que "1 500 Belges sont inscrits". Parmi ces Belges, une minorité, plus ou moins 400 personnes seulement, est originaire de Flandre.  

A l’heure d’écrire ces lignes, tout ce petit monde est en route vers Cracovie. Mais pour beaucoup d’entre eux, la route n’est plus très longue. C’est qu’ils sont déjà nombreux en Pologne : ils ont participé à « la semaine en diocèse » durant laquelle ils ont été accueillis dans différentes villes de Pologne. J'apprends que les Belges étaient à Lublin et qu’ils arrivent à Cracovie ce lundi et assisteront déjà à une messe d’ouverture « spéciale Belges » ce mardi matin. Pas de doute les JMJ ont commencés !

jeudi 14 avril 2016

LANGUE FRANÇAISE : A-t-elle encore la cote ?


A l'ombre de l'anglais et talonné par l'allemand et l'espagnol, le français appris comme langue étrangère semble perdre du terrain en Europe. En Pologne, il  se place non seulement derrière l’anglais mais aussi derrière l’Allemand. Mais bien qu’en perte de popularité, la langue de Molière conserve encore des adeptes, par amour de la langue ou, récemment, pour répondre aux besoins du marché du travail.

En Europe, le français jouit encore d’une position favorable : il occupe le deuxième rang des langues étrangères étudiées en fin d’enseignement secondaire (23%) selon un récent rapport d’Eurostat, la première position incontestée revenant à l’anglais avec 94 %. Suivent ensuite l’espagnol et l’allemand (chacun 19%). La situation varie toutefois d'un pays à l'autre. C’est au Luxembourg (100%), en Roumanie (89%) et en Irlande (60%) que la proportion d’élèves apprenant le français est la plus élevée, tandis que la Lituanie (3%) et le Portugal (3%) sont ceux où elle est la plus faible. En Pologne, cette proportion est de 8%, loin derrière l’anglais, hégémonique avec 95% d’apprenants parmi les élèves en fin d’enseignement secondaire, et l’allemand encore fort présent avec 46%.

mardi 8 mars 2016

Journée de la femme aussi en Pologne: fêtons-la avec des chiffres!

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Si l'infographie ne s'affiche pas utiisez le lien suivant: https://magic.piktochart.com/output/11895118-jourkobieta8mars2016

mardi 1 mars 2016

Pologne, fait-il bon y travailler?

De l'emploi en Pologne? Il y en a, mais de mauvaise qualité. Tant en matière de salaires, d'insécurité de l'emploi ou encore de qualité de l'environnement de travail, la Pologne se retrouve en queue de peloton des pays de l'OCDE.  Si la Pologne veut lutter contre l'exode de ses travailleurs, il lui faudra améliorer la qualité de l'emploi. Au risque de nuire à la quantité?

La qualité de l'emploi en Pologne est mauvaise. C'est ce que révèle dans un rapport de l'OCDE paru ce mois de février 2016 qui examine la qualité de l'emploi dans ses 34 pays membres . La Pologne se retrouve parmi les pays où la qualité de l'emploi est la moins bonne, au côté de l'Espagne, l'Estonie, la Grèce, la Hongrie, l'Italie, le Portugal, la Slovaquie et la Turquie. Tandis qu'en tête de classement se retrouve l'Allemagne voisine, aux côtés de l'Australie, l'Autriche, le Danemark, la Finlande, le Luxembourg, la Norvège et la Suisse. La Belgique et la France se situant plutôt dans le milieu de classement.

Trois dimensions ont été analysées pour jauger le niveau de qualité de l'emploi: la qualité des revenus, la sécurité d'emploi et l'environnement de travail. Chacune de ces dimensions regroupe plusieurs indicateurs sur base desquels les pays peuvent être comparés. La Pologne occupe la
  • 29 ème  place sur 33 pays évalués en matière de qualité de revenus (contributions de l'emploi aux conditions de vie matérielles),
  • 28 ème  sur 34 en matière de sécurité d'emploi sur le marché du travail, avec un niveau d'insécurité toutefois nettement plus faible que celui de la Grèce et de l'Espagne, 
  • 16 ème  sur 21 (uniquement les pays de l'UE) en matière de qualité de l'environnement de travail mesurée en terme de tension entre le travail demandé et les ressources mises à disposition.